Paracelsia
Le Saigné

La Chair de Polly

D’un coup, Polly se sentait nouvelle, plus jolie à travers les yeux de ce garçon qui passait son temps à respirer dans ses cheveux, à s’étouffer près d’elle, lui enserrant la poitrine et lui disant des mots merveilleux, des mots sucrés et interdits qu’elle n’avait jamais entendus auparavant. Cette voix dans ses cheveux, ce souffle éperdu, le délire d’Aurélien qui lui disait tout bas ces formules magiques et qui faisait saliver la chatte de Polly. Elle s’appuyait contre le mur, les yeux fermés, et sentait grandir en Aurélien un désir nouveau, quelque chose à travers le tissu fin de son caleçon, derrière les fesses de Polly rouge de honte, de plaisir. Polly qui cessa de respirer pour n’entendre que son vaillant lui raconter des fables enivrantes. — Tu es si jolie, petite Polly, si douce, ma grande. Je voudrais te garder comme ça tout le temps, tout le jour et la nuit et t’aimer comme une grande. Te prendre comme une traînée, te baiser comme une sainte. Je vais finir par mourir dans tes cheveux, crever pour toi ma démone. Et Polly revenait chercher Lauly chaque matin afin d’aller en cours pour le simple plaisir de se faire attraper par Aurélien dans sa chambre, la crampe matinale au bas-ventre et l’entendre l’aimer. Elle arrivait avant le réveil de Lauly, les parents de cette dernière lui offraient le petit déjeuner, et dès leur départ, elle sautait dans les escaliers, fouillait la chambre de son adoré. Ainsi Aurélien, lumière éteinte, l’enlaçait par-derrière et lui récitait sa litanie. Polly finissait par ne plus manger, ne plus rien souhaiter d’autres que les étreintes démentes de son Aurélien. Elle se métamorphosait, maigrissait à vue d’œil, s’illuminait pour une raison inconnue, elle était malade d’amour.
  • Éditions Société Des Écrivains
  • Paru le 12 décembre 2014
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